Soirée témoignage "Morgan ODY" de Via Campesina à Saint Vincent-des-Landes 27 mars 2025
110 personnes ont répondu à l'invitation pour participer à cette soirée.
Durant 1h30, Morgan nous a restituer les différents temps forts et les principales rencontres des 10 jours passés en Cisjordanie, en décembre dernier, avec les 9 membres de la délégation de "La Via Campesina" guidée par les membres du syndicat palestinien (UAWC)- (Union des comités de travail agricole dont l'objet est de protéger les droits des agriculteurs).
UAWC a été déclarée "organisation terroriste" par Israël parmi les 6 associations de la société civile palestinienne, désignées comme telles.
L'objectif de la mission était de passer de "l'indignation" à "l'action" en se rendant sur place dans une délégation en Cisjordanie.
Quelques éléments forts extraient du témoignage de Morgan pour qui c'était la première visite en Palestine.
- Ben Gourion (aéroport) est très impressionnant car il n'est fréquenté que par des Israéliens ! Il n'y a plus de touristes !
- La Palestine n'est pas un pays pauvre. "On n'a pas besoin de faire la manche, on a besoin de justice"!
- Toute l'eau est entièrement contrôlée par Israël. Les citernes sur les toits, caractérisent les maisons palestiniennes qui s'empressent de les remplir lorsque les
robinets sont ouverts.
- La société palestinienne est très organisée.
- Le mur a été érigé pour séparer les palestiniens des Israéliens, mais principalement pour séparer les palestiniens entre eux.
- Volonté de vider Jérusalem-Est de sa population / Déplacement des familles / Destruction des maisons / Rattachement des colonies à Jérusalem.
- Visite des communautés paysannes : Naplouse (village de Kusra, assiégé par les colons). C'est un véritable labyrinthe pour y pénétrer car les routes principales sont
fermées à la circulation. Pas de récolte d'olives, donc catastrophe économique. les paysans n'ont accès à leurs terres que 3 jours par an après une demande
d'autorisation !
- Idem pour le petit village de Qusra entouré par 6 colonies. (Vol des poulaillers par les colons) Grande vulnérabilité des paysans.
- Les paysans se sentent abandonnés par l'Autorité Palestinienne. Comment continuer à être paysan.ne.s dans ces conditions ? Mais la Résistance, c'est de rester sur
la terre, comme dans la vallée du Jourdain où le niveau de colonisation est encore plus élevé.
- L'accès au Jourdain (zone extrêmement fertile) est totalement interdit aux palestiniens. Visite du village de Bardala (Governorat de Tubas) où le maraîchage est
pratiqué sur un tout petit territoire, avec une capacité de production très forte. Mais le village est cerné par les colonies et les villageois sont enfermés sous le
contrôle permanent de soldats dans les miradors.
- Rencontre d'une famille de bédouins (terrorisé.e.s) par les colons en proximité. Ce qui leur permet de tenir, c'est la solidarité entre palestinien.ne.s.
Leur résistance : "Rester là ! Ne pas bouger !"
"On a rencontré très peu de monde en colère, ou qui montraient leur colère"
"Dure tension, mais une grande force de vie, de l'humour, même de la joie, des chants, des danses et la force de la culture"
Morgan continue son récit sur Jérusalem Est. Conflit territorial de la vieille ville. Avancée des colonies.
Puis Hébron où une colonie de 800 Israéliens au cœur de la vieille ville est protégée par 2000 soldats. Leur objectif : "Que les palestiniens disparaissent !"
- Visite d'une école à Massafer Yatta. Enfants joyeux, mais difficultés quotidiennes d'accès tant pour les élèves que pour les enseignant.e.s. / Bus scolaires attaqués.
- Bethléem et la visite de deux camps de réfugiés dont celui d'Aïda.
Les choses marquantes ? 1) Un niveau de scolarité très élevé (Master/ Doctorat). 2) La quasi totalité des hommes ont fait de la prison (10, 12, 15 ans). les
adolescents se préparent donc à aller en prison ! Une discipline est alors développée par les prisonniers : apprendre l'Hébreu et dans les cellules de 10 prisonniers,
apprendre la matière du professeur éminent incarcéré. Grande motivation de l'apprentissage pour tenir et garder le moral.
La soirée s'est complétée par un échange avec la salle. Des questions sur le Hamas et sur les solutions d'avenir de la Palestine, espérées (possibles) ont été évoquées. Morgan a conclu en insistant sur l'importance du respect et de l'application du Droit International en reprenant les résolutions de l'ONU en conformité des décision de la CIJ.
"Pas de paix sans justice" ont été ses derniers mots avant de poursuivre les conversations autour d'un verre de bière ou de jus de pomme.