OUEST-FRANCE : ÉDITORIAL. Halte aux crimes contre les Palestiniens
« À Gaza, en Cisjordanie, à Jérusalem Est les Palestiniens sont victimes de violences systémiques s’attaquant à leur existence. Des ONG israéliennes les dénoncent pour qu’elles cessent et qu’il soit mis fin aux politiques qui y conduisent », écrit Jeanne Emmanuelle Hutin, directrice de la recherche éditoriale.
Ouest-France
Jeanne-Emmanuelle Hutin
Publié le 20/09/2026

Des secouristes tentent de sauver des victimes palestiniennes des décombres d’un immeuble, le 16 septembre à Gaza. L’édifice s’est effondré après des frappes israéliennes. Le bilan établi par la Défense civile palestinienne s’élève à vingt et un morts dont douze enfants.

La haine et la peur cesseront-elles d’anéantir des peuples et de défigurer l’humanité ? Cet espoir habite les cœurs de ceux qui résistent à la violence au milieu des guerres interminables.

En Palestine et en Israël, cet espoir ressemble à une braise enfouie sous les cendres, à une lueur tremblante au milieu des larmes. Car la terre promise à l’espérance et à la paix pour l’humanité entière s’enfonce dans l’engrenage mortel de la violence.

Depuis l’abominable massacre de civils israéliens par le Hamas, le 7 octobre 2023, la riposte israélienne sombre dans l’inhumanité. À Gaza : des dizaines de milliers de civils tués dont 21 000 enfants, estime l’Unicef. Une très grave crise humanitaire sévit. La mort rôde et frappe. En Cisjordanie, la colonisation s’intensifie et les exactions contre les Palestiniens explosent, scandaleusement encouragées par des ministres israéliens en campagne électorale.

Des Israéliens courageux dénoncent ces crimes. Car ils sont « convaincus que les droits de l’homme sont universels et que la colonisation, illégale et immorale, conduit à des violations généralisées des droits de l’homme, du droit humanitaire international et à l’ancrage de l’apartheid et du nettoyage ethnique », écrivent vingt-deux organisations non gouvernementales israéliennes pour les droits de l’homme réunies dans The Platform.

Elles dénoncent « une année […] violente pendant laquelle le gouvernement israélien a continué de promouvoir de manière agressive ses politiques de déplacement forcé et d’annexion tout en violant systématiquement les droits humains des Palestiniens vivant dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem Est. » Elles demandent plus d’aide humanitaire pour Gaza. En Cisjordanie, elles révèlent l’ampleur d’une violence systémique contre les Palestiniens : harcèlement, arrestations, expulsions, meurtres de civils, morts de prisonniers, peine de mort pour les Palestiniens…

Les sanctions économiques sont-elles un outil efficace pour faire plier des régimes autoritaires ?

À Gaza et en Cisjordanie, c’est « un même projet politique mené par le régime, qui vise à détruire la capacité du peuple palestinien à exister », écrit l’association israélienne B’Tselem (1). C’est inacceptable. De plus, aucune politique aveuglée par la vengeance qui « avilit l’homme » écrivait Stanislas Hutin (2), ne peut apporter la paix.

Quant à nous, il est urgent d’agir pour que cessent ces crimes. Par exemple en s’assurant que l’on ne vend pas d’armes utilisées contre les civils Palestiniens. Mais il faut aussi, ici même, résister à tous ceux qui avivent la haine et insufflent la violence entre nos concitoyens de confession musulmane et juive. Et prendre résolument le chemin du dialogue et de la fraternité.

(1) Le Monde du 15 septembre (2) Journal de bord Algérie, éd. GRHI Toulouse, 2002.

ÉDITORIAL. Halte aux crimes contre les Palestiniens 
https://www.ouest-france.fr/reflexion/editorial/editorial-halte-aux-crimes-contre-les-palestiniens-e922c86e-b27b-11f1-bc32-13ddcee9efa7

Date de dernière mise à jour : 20/09/2026