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En préambule, MW expose les buts de l’association qu’il représente : l’Alternative Information Center (AIC). Cette association regroupe des Israéliens et des Palestiniens qui mènent une action commune contre l’occupation et la colonisation israéliennes ( voir le site : http://www.alternativenews.org/ ).
Il ne s’agit pas de « dialogue » car cela n’a aucun sens dans la situation actuelle. Il ne veut pas parler de « paix » car ce mot galvaudé ne veut plus rien dire dans la région. L’AIC milite pour le Droit et les droits… la justice , mais ce n’est qu’un horizon !
Séparer le virtuel du réel.
Le virtuel, c’est « le processus de paix » dont on parle tout le temps dans les médias mais qui ne correspond à aucune réalité (« il faut relancer le processus de paix » , « le processus de paix s’enlise » etc.)
La réalité, c’est la colonisation comme processus permanent et planifié.
Ariel Sharon, seul stratège israélien depuis Ben Gourion.
A.S. avait une vision stratégique à long terme dont la traduction dans la politique israélienne se poursuit aujourd’hui. On trouve l’essentiel de cette ligne politique dans une interview donnée au journal israélien Haaretz en 2002 :
1- La guerre d’indépendance (= de constitution d’Israël) n’est pas terminée. C’est un processus de long terme
2- La paix n’est pas à l’ordre du jour pour les 50 ans à venir. Nous voulons seulement signer des « accords provisoires à long terme »
3- La frontière : « c’est là où nous traçons notre dernier sillon ».
Israël veut un état juif aussi grand que possible.
Tout le débat du mouvement sioniste est dans l’équilibre de ces termes : quel compromis est possible entre un état « juif » et un état « le plus grand possible ».
Pour trouver cet équilibre, il faut maintenir la population palestinienne en dessous d’un certain seuil fixé généralement autour de 20 %. Mais A.S. n’est pas un partisan de l’expulsion brutale : c’est trop risqué sur le plan international. Il faut donc prendre en compte le facteur temps et expulser par petites doses.
On peut comparer La Palestine ( Cisjordanie et Gaza) à un bloc d’Emmental
Aujourd’hui les 3,5 millions d’arabes en Palestine sont considérés comme des « présents –absents » ils ne comptent pas aux yeux d’Israël : ce sont les trous de l’Emmental[1]. Ces espaces palestiniens ( en gros la zone A de l’accord d’Oslo) sont des non-espaces pour les Israéliens : on les enferme.
En 2003 le Plan Sharon a été présenté aux USA . Condoleeza Rice a fait des remarques demandant un espace continu pour l’état palestinien. La réponse d’Israël a été de mettre en place un territoire à 3 dimensions. Il s’agit de faire communiquer les trous du gruyère entre eux par des ponts et tunnels et d’utiliser la même méthode pour faire communiquer les colonies israéliennes entre elles et avec le territoire de l’état d’Israël. On a ainsi deux entités séparées sur le même territoire sans communication entre elles.
Pour les Israéliens, le pire, c’est un état mélangé. La séparation ( en afrikaner « apartheid ») est le principe fondateur du Sionisme.
Cette idéologie politique est née à la fin du XIXème siècle dans le contexte de l’émergence d’états ethniques au sein des grands empires. C’est dans cette logique que s’inscrit la colonisation de la Palestine dès le début du XXème siècle.
Ce projet s’accélère à partir de 2000.
Les routes des colons sont des axes de pénétration vers l’Est . Il n’est pas toujours nécessaire d’implanter des colonies : une pompe à essence pour les colons, un supermarché, une borne pour les autostoppeurs sont autant de moyens de marquer le territoire et de faire avancer la frontière.
La situation présente.
Le contexte idéologique et politique basé sur une vision du monde séparé en deux ( « le choc des civilisations », l’ « axe du mal » cher à M.Bush) est favorable à la politique israélienne.La notion de « terrorisme » nous accompagne depuis 20 ans et s’est renforcée avec le 11 septembre. Depuis lors le « terrorisme » est identifié à l’Islam. S’il n’y a pas d’ennemi global, les Palestiniens deviennent une « épine dans le pied » pour Israël.
Tizpi Livni, ministre des affaires étrangères d’Israël en décembre 2008 n’a t-elle pas déclaré aux Européens « nous vous protégeons contre vos barbares ».
Dans la période 2002-2004, la résistance palestinienne a été « sonnée » par l’offensive Sharon.
Aujourd’hui, malgré l’arrivée d’Obama, l’alliance stratégique USA /Israël n’est pas remise en cause.
Le retournement de l’opinion publique israélienne.
Aujourd’hui, une très grande majorité d’Israéliens a approuvé l’attaque de Gaza et soutient la poursuite de la colonisation.
Pourtant, dans les années 80 et 90, le débat existait dans la société israélienne. Ce débat portait sur la nature de l’état israélien, la notion de peuple juif. La droite avait une peur panique de perdre son identité juive tandis que la fraction « occidentale » et laïque du pays avait peur d’une « levantisation »[2] d’Israël.
Le tournant dans l’opinion publique israélienne qui conduit à cette homogénéisation est apparu en 2000.
Ehud Barack, retour des négociations avortées de Camp David, déclare en substance : j’ai démasqué le plan de Yasser Arafat ; sous couvert de négociation, il veut jeter les Israéliens à la mer.
A partir de ce moment,, dès août 2000, les grands mouvements de la gauche israélienne se désagrègent et la gauche se rallie au discours de la droite. Dans les manifestations , la gauche radicale mobilise au mieux 5 à 10 000 personnes.
La dessus, les attentats de 2001 serviront de justifications a posteriori.
[1] Ehud Barak utilise parfois l’image de « la villa dans la jungle » pour caractériser l’idéologie guerrière d’Israêl. Israël est un petit pays entouré d’ennemis comme une villa où il fait bon vivre, mais qui est entourée par la jungle. Or, la jungle nous menace perpétuellement : il faut élaguer et la détruire sans cesse si on ne veut pas être asphyxiés. C’est ce qu’ils ont fait à Gaza… Sont-ils prêts à recommencer ? Ça dépend aussi de nous !.
[2]Cette menace, interne à l’État hébreu est définie par David Ben Gurion (premier ministre israélien) comme une « hantise de levantisation ». Alors que les premiers juifs venaient de l’occident, la vague d’anciennes communautés juives du monde arabe ne partageant pas les mêmes valeurs et les mêmes normes culturelles que les premiers émigrants constituerait une menace pour la culture nationale.
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