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Edito n° 31 - Automne 2010
Après Oslo (1993), la feuille de route (2003) et Annapolis (2007), nous assistons à un nouveau spectacle mis en scène par trois protagonistes.
À l’initiative, Barack Obama pour les États-Unis. Après son désengagement de l’Irak, il aimerait pouvoir s’attribuer un succès diplomatique pour la deuxième partie de son mandat. Il a fait jusqu’à présent des déclarations très modérées concernant les droits des Palestiniens et n’a jamais utilisé son poids pour imposer à Israël l’arrêt de toute colonisation, condition qu’il avait lui-même fixée.
Comme puissance régionale colonisatrice : Israël. Le gouvernement Nétanyahou, continue de développer les colonies notamment à Jérusalem-Est. L’alliance avec l’extrême-droite comme la majorité de l’opinion publique, lui interdisent de céder sur ce point au risque de faire éclater sa coalition. Son gouvernement exige par ailleurs la reconnaissance d’Israël comme État juif, avec le risque que les Israéliens non-juifs deviennent des étrangers. Sont concernés 1,2 million de Palestiniens et 70 000 bédouins. En outre, cela annulerait le droit au retour des réfugiés, reconnu par la charte de l’ONU.
Pour les Palestiniens, Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité palestinienne, dont le bilan politique est plus que maigre : aucune avancée dans la reconnaissance des droits de son peuple. Son gouvernement ne reflète pas le scrutin sorti des urnes et il vient de reporter sans raisons valables les élections municipales prévues en juillet dernier. Avec son Premie ministre il est l’acteur du développement économique, financé par l’Europe, d’une petite partie des territoires, ne profitant qu’à... une petite minorité. En cédant sur son exigence du gel total de la colonisation, il arrive aux négociations en position de faiblesse. Le début de pression, qui était alors sur les épaules des Israéliens après l’agression de Gaza et l’attaque de la flottille, se reporte sur celles des négociateurs palestiniens, rendus par avance responsables d’un échec - prévisible - des pourparlers. Dans le même temps, M. Abbas fait disperser sans ménagement, à Ramallah, un rassemblement des opposants aux négociations. Enfin, à quoi peut aboutir un soi-disant processus de paix qui exclut le Hamas, vainqueur des dernières élections législatives et qui gère le territoire de Gaza.
À qui profitent ces négociations ? Sans doute aux trois protagonistes, certainement pas au peuple palestinien qui n’attend rien de cette nouvelle mise en scène.

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