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Sortir de l’impasse


édito du journal - automne 2011

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Les accords d’Oslo devaient aboutir à la création d’un État palestinien en 1999, mais ils n’ont jamais été appliqués par Israël. Depuis, les pseudo-négociations n’ont jamais abouti devant l’intransigeance d’Israël et sa politique du fait accompli : accélération de la colonisation, blocusde Gaza…
En 2011, l’impasse est totale et le statu quo ne peut que profiter à Israël malgré son isolement international croissant. Les relations sont modifiées avec l’Égypte et de plus en plus tendues avec la Turquie. La situation régionale est marquée par les
changements politiques du « printemps arabe » entraînant une mobilisation populaire en Palestine. C’est dans ce contexte que Mahmoud Abbas, au titre de l’OLP, a choisi de demander la reconnaissance de l’État de Palestine dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale et son admission à l’ONU. À la tribune des Nations unies, le Président de l’OLP a prononcé un discours très applaudi rappelant l’histoire du peuple palestinien et la politique israélienne de racisme et de nettoyage ethnique, sans oublier les prisonniers, les réfugiés, le blocus de Gaza. Il a ainsi rappelé aux yeux du monde les paramètres de la paix et annoncé la poursuite de la Résistance populaire non-violente.
Cette initiative, validée par les partis politiques membres de l’OLP, rencontre le scepticisme d’une partie de la population palestinienne. Tout en prenant en compte les réserves voire les oppositions de certains mouvements palestiniens, l’AFPS a
choisi de soutenir cette démarche. Nous ne sommes pas naïfs au point de croire que cette adhésion à l’ONU résoudra par magie tous les problèmes posés aux Palestiniens et leur permettra de recouvrer leurs droits légitimes. Mais cette étape est importante,
car elle modifie le statut juridique de la Palestine sur le plan international, comme la délivrance de passeports aux nationaux palestiniens* ou le recours contre Israël devant les tribunaux internationaux.
Sortir du bilatéralisme actuel Palestine-Israël sous la conduite des États-Unis et prendre à témoin les États de la planète pour les appeler à se positionner, cela change la donne et remet la question palestinienne sur la scène internationale. Sur le plan intérieur, les manifestations palestiniennes témoignent d’une certaine relance de la mobilisation populaire. Obama et Sarkozy tentent d’enrayer le mouvement et d’éviter un vote à l’ONU où ils seraient obligés de montrer leur soutien sans faille à la politique israélienne.

Il est paradoxal que le gouvernement français appelle à privilégier les négociations, alors que dans le passé, il n’a jamais fait pression sur Israëlpour qu’elles aboutissent. La voie est fléchée pour sortir de l’impasse, mais l’issue dépend de deux paramètres : l’amplification de la Résistance populaire en Palestine et les pressions et sanctions internationales envers le
gouvernement israélien.
Nous appelons la France à prendre ses responsabilités en votant l’admission de la Palestine à l’ONU et l’Union européenne à mettre en oeuvre des sanctions pour obliger Israël à appliquer le Droit.
6 octobre 2011