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Ce que nous avons vu en Cisjordanie occupée : lire aussi le compte rendu du second groupe-mission de l'automne 2009
vivre dans l’enfermement

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Le Mur sous ces diverses formes
Dans les zones urbaines ou les zones rurales très peuplées, la séparation entre la Cisjordanie (en Palestine occupée) et Israël, correspond à un mur de 6 à 9 mètres de haut doté tous les 100-150 m de miradors aux vitres blindées. S’y ajoutent des caméras de surveillance et des projecteurs. Cette construction sinue sur les flancs des collines, est à quelques mètres des maisons palestiniennes, comme c’est le cas à Bethléem(ci-contre). De lourdes portes métalliques ouvrent ou ferment les routes.
Dans les espaces strictement agricoles, c’est un espace de 10-15 m de large : Le Mur est infranchissable. En partant du côté palestinien, on trouve d'abord un no man’s land, puis une très haute barrière de grillages doublée de palpeurs et de caméras. Puis la route goudronnée où circulent des militaires - 4 véhicules pendant notre temps de récolte - avec pour finir côté israélien, une véritable haie de rouleaux de barbelés superposés.
Plus rarement, un haut grillage avec des rouleaux de barbelés de part et d’autre, éclairé à proximité des maisons isolées, empèche tout passage.
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Passer les check-point : exemple de Bethleem-nord
C’est un parcours de près de 100 mètres avec successivement en partant de Bethléem : un long couloir étroit et grillagé, doté de caméras, on traverse le Mur puis 1 tourniquet très serré, une guérite pour vérifications des identités par des soldats derrière des vitres blindées et un portique électronique. On marche une trentaine de mètres avant d’entrer dans un hall aux lourdes portes de métal, on franchit un tourniquet, un portique électronique et un nouveau contrôle d’identité. Reste un corridor grillagé d’une vingtaine de mètres à franchir.
Français, nous ne présentons que notre passeport. Par contre il faut voir l'inquiétude des Palestiniens qui se pressent, car le contrôle pour eux est long, vérification des empreintes digitales, obligation d'enlever ceinture, bijoux et chaussures. Femmes avec enfants, personnes âgées, ouvriers ou employés portent tous sur le visage la hâte de passer, l’inquiétude du refoulement. S’ajoute la condescendance des jeunes soldat(e)s dans leur guérite.
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Les interdits de circuler en Cisjordanie ou vers Jérusalem-Est
Suivant les zones définies à Oslo, le droit de circuler est plus ou moins ouvert. Ainsi, il est INTERDIT à des Palestiniens de se rendre sur les bords de la Mer Morte. Un contrôle bloque tout accès à 1 km avant la mer.
Aucun Cisjordanien qui ne dispose de pass à renouveler fréquemment ne peut franchir les check-point qui donnent accès à Jérusalem. Et encore, obtenir le pass est soumis à de sévères restrictions : avoir plus de 35 ans, y avoir de la famille etc.
La nostalgie des lieux saints musulmans s’exprime sur les façades des maisons où de petites céramiques représentent Al-Aqsa, la plus grande mosquée de Jérusalem-Est, à côté du Dôme du Rocher.
Les salariés palestiniens qui, en nombre beaucoup moins important qu’il y a quelques années, arrivent encore à avoir des droits de travail en Israël ou à Jérusalem passent, pour certains, par l’intermédiaire de "donneurs d’ordre" qui prélèvent d’importantes commissions sur leur salaire déjà modeste.
Trouver du travail au péril de sa vie : à travers les zones désertique de Cisjordanie, des passeurs font franchir les barrières à des ouvriers palestiniens, travailleurs clandestins de chantiers en Israël.

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Les barrages
Ils seraient moins nombreux que l’année passée, les barrages de terre qui interdisent l’accès aux voies les plus rapides, ont été ouverts par les Palestiniens. Pour combien de temps ? Nul ne peut le savoir.
Nous avons été témoins de deux barrages, l’un à la sortie de Helhul, l’autre tel que nous l’a raconté notre compagnon palestinien. C’est l’aléatoire. A la question : pour quelle raison, pour combien de temps, la réponse laconique «rentrez chez vous».
De fait, l’un a été levé au bout de 30 minutes de queue, et pour l’autre, notre compagnon est passé par les champs avec rencontre d’une patrouille qui lui a permis le passage après 15 minutes de discussions.
Les barrages gênent la circulation des hommes et des marchandises, empêchant tout projet.
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vivre sous occupation
- La présence militaire est constante, visible ou non : les routes sont parsemées de guérite ou de petits fortins où veillent des militaires, on ne voit pas toujours les militaires mais les caméras …….rappellent sans arrêt leur présence.
- De nombreuses routes sont réservées aux colons et aux militaires avec interdiction totale ou partielle pour les Palestiniens.
- Interdiction d’utiliser des scooters et des motos. Rares sont les vélos ? Car ces moyens de transport de fait peu coûteux sont aussi très agiles pour échapper aux poursuites, aux contrôles.
vivre sous le harcèlement des militaires et des colons
Les colonies, enclaves israéliennes en territoire palestinien, sont protégées par des militaires en patrouille ou par les milices de chaque colonie. On nous a raconté les jets de pierre, les insultes, les provocations symboliques, lire la Bible devant des Palestiniens pour signifier la dimension idéologico-religieuse de la colonisation.

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un exemple : chez un agriculteur du village de Deir Samit, près du Mur entre Israël et la Cisjordanie, 10 km ouest de Hébron.
Ses terres ont été coupées par la construction du Mur. Il a perdu 14 ha et sa maison ; il ne lui en reste plus que 1.2 ha. Le Mur est infranchissable. Sa nouvelle maison de ce côté du Mur a été attaquée cette année ...ils n y dorment plus. Depuis le début de la récolte actuelle des olives, les militaires sont déjà venus les interpeller, ils s'attendent à ce que ce côté du Mur devienne zone militaire, car les autorités israéliennes lui demandent de justifier sa propriété avec des titres israéliens.
Nous étions accompagnés par un géomètre, membre bénévole du Comité de défense de la terre, souvent appelé à témoigner dans les pays occidentaux. Il nous dit le durcissement de la colonisation depuis l'arrivée de Netanayaou. De plus, les avocats israéliens avec qui il travaille, subissent des pressions de plus en plus fortes, ils sont poussés à abandonner.
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vivre dans l’humiliation quotidienne
Le contrôle à Hébron : Alors que Bernard se rendait comme un touriste au Tombeau des Patriarches à Hébron, il est témoin d’un contrôle au bas de la rue qui va du check-point aux magasins des 3 potiers palestiniens qui résistent en tentant d’y rester. L’écolier d’une dizaine d’année subit un contrôle de ses papiers et du contenu intégral de son cartable. Le militaire tourne toutes les pages des livres, des cahiers de cet écolier qui ne fait que rejoindre sa maison en traversant la colonie. Il y passe pour éviter de faire un long détour pour contourner barrages, grillages, murs qui cernent la colonie. Le contrôle sans autre raison que d’humilier dure une bonne dizaine de minutes.
vivre avec le risque de perdre leurs biens

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La poursuite et le durcissement de la colonisation, juste un exemple, au nord de Helhul :
La colonie domine la vallée, ses tuiles rouges tranchent dans le paysage. On voit les barbelés qui l’enclosent. Plus bas, une dizaine de bungalows sur des terrasses construites au bulldozer. Ils annoncent l’extension de la colonie. Notre guide précise que bientôt des militaires s’installeront et justifieront leur présence par la nécessité d’une «zone de sécurité». Processus habituel de la colonisation rampante, durcie depuis l’arrivée de Netanyaou.
Les agriculteurs palestiniens tentent de rassembler des titres de propriété pour porter leur défense devant les tribunaux israéliens, avec l’aide d’avocats israéliens qu’il faut évidemment rétribuer. Ceux-ci sont de plus en plus découragés des pressions officieuses subies, De plus, l’expérience montre que les Palestiniens n’obtiennent que très rarement gain de cause.
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les Palestiniens font preuve de courage et de dignité, de résistance

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Les potiers de Hébron travaillent dans trois magasins-ateliers au bas du Tombeau des Patriarches. Il faut passer les check-point pour y aller, la rue qui passe devant leur étal dessert la colonie des ultra-orthodoxes. Cette rue est constituée, vers le sud, des boutiques du souk, totalement fermées, dégradées, où poussent les herbes folles. Vers le nord, près des immeubles des colons, les boutiques sont réhabilitées mais fermées. Les étages sont en chantier pour finir des appartements sans doute prochainement occupés par des colons.
Les potiers subissent tous les jours les hauts-parleurs de musique israélienne de la boutique touristique qui les domine. Les cars de touristes israéliens stationnent au plus près de leurs étals et les cachent de toute vue de ceux qui arrivent à pied par la ville palestinienne.
L’ouverture de leurs magasins est soumis quotidiennement à la bonne volonté aléatoire des militaires constamment présents sur le site. Leur présence est « résistance »
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ils réagissent aux contrôles
Contrôles permanents ou inopinés, il faut de la patience, subir la morgue des militaires ou des colons armés, défendre ses droits. Si on ose écrire, l’expérience permet aux Palestiniens de doser leur réaction en évaluant leur adversaire, la situation : montrer que l’on ne se laisse pas faire, ou au contraire, « tout faire pour que cela se passe au mieux , pour éviter… l’arrestation »
ils s’organisent
L’économie palestinienne est désorganisée et pourtant il faut vivre. Des coopératives agricoles ont été créées, la valorisation des produits primaires se met lentement en place pour satisfaire d’abord le marché local et éventuellement l’exportation. Mais tout est contrôlé par les autorités douanières israéliennes…Les ruptures de charge aux check-point causent des dégats aux marchandises, il faut sans cesse subir la loi du plus fort, vendre à perte, accepter que pour vendre des raisins à Gaza, la moitié vienne d'Israël...
ils sont obligés de faire des compromis regrettés
Rencontre avec un chauffeur de mini-bus qui nous dit être diplômé d’une université des USA, qui pour faire vivre sa famille est interprète auprès des nouveaux colons, venus de l’étranger qui s’installent en Cisjordanie. Il en était désolé…
…des collaborateurs ?
Sans aucun doute à voir la grande bâtisse d’un intermédiaire palestinien entre des entreprises israéliennes et des travailleurs de Cisjordanie qui cherchent par tout moyen à vivre, en cherchant du travail en Israël ou dans les colonies. Ceux-ci ont-ils le choix, quand bien même une part de leur salaire est récupéré par cet intermédiaire ?
Nous pourrions apporter d'autres exemples, on pourrait évoquer la question de l’eau etc. Nous ajoutons la grande gentillesse des Palestiniens rencontrés, leur désir de parler (beaucoup parlent anglais) et parler encore pour dire leur situation, leur détresse, leur détermination.
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De quoi être bouleversé et révolté :
- par la colonisation qui se poursuit sans relâche
- par la morgue, la violence des colons israéliens, leur impunité
- par le droit constamment bafoué
- le harcèlement, les humiliations au quotidien
- devant les drames personnels conséquents
ci-contre, " Femmes en noir" israéliennes
qui dénoncent l’occupation chaque vendredi à Jérusalem.
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