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Israël a déclaré unilatéralement en 1967 que Jérusalem était une, indivisible et israélienne ; il a ainsi entrepris une politique systématique visant à vider la ville des Palestiniens et à la remplir de Juifs israéliens. C’est un changement en profondeur de la composition des habitants de cette ville à laquelle nous assistons. Ainsi Israël considère qu’il ne reste plus que 35 000 palestiniens résident à Jérusalem, alors qu’ils étaient autour de 500 000 avant la construction du mur, légèrement moins que les Juifs de Jérusalem aujourd’hui.
Plusieurs leviers sont utilisés :
- exclure du périmètre de Jérusalem des quartiers qui en font partie :
c’est le cas du camp de réfugiés de SHUFAT qui s’étale sur 1 km2 pour 16 000 habitants. Il n’y a qu’un seul passage avec barrage pour se rendre à Jérusalem. Le mur les exclut de la ville. Dans ce camp, il est interdit de construire (maison, clinique ou école) : il n’y a qu’une clinique pour toute la population, et les enfants sont 60 par classe ; 1 500 jeunes de plus de 16 ans n’ont pu être scolarisés, faute de lycée. Les familles sont donc incités à quitter ce camp. C’est ce qu’on appelle le « transfert lent ».
- couper en deux des quartiers palestiniens :
un Check-point a été mis en place dans le quartier palestinien de BEIT HANINA qui fait partie de Jérusalem. Ce barrage coupe le quartier en deux : il n’y a donc aucun motif de sécurité malgré ce qu’annonce Israël pour justifier le mur. Les familles, du coup, se retrouvent séparées. Ne peuvent passer le contrôle que les personnes de plus de 45 ans, mariés avec enfants et sans activité politique, c’est à dire, pas grand monde…
Route de RAMALLAH : c’est carrément la route qui est séparée en deux par le mur en son milieu. C’est le même problème de séparation des familles que pour BEIT HANINA. Il faut faire un gros détour par le super check-point de QUALANDIYA. Son franchissement peut prendre de 15 mn à plusieurs heures (nous en avons fait l’expérience à diverses reprises).
- créer et développer des colonies de peuplement :
*la colonie de PISGAT-ZEER, 45 000 habitants, a été construite il y a une dizaine d’année. C’est ce qu’on appelle une colonie « économique » : ses habitants font partie de la classe moyenne israélienne. Tout y est moderne, propre, aéré. Pour s ‘installer, les colons bénéficient d’exonération de taxe foncière pendant 5 ans et d’une prime à l’installation de 100 000 dollars.
*la colonie de NEVE-YAKOV est située un peu plus loin. Créée en 1969 par des colons ultra religieux qui fonderont le parti SHASS, elle est passée de 8 000 à 25 000 habitants aujourd’hui. L’extension de cette colonie continue toujours, y compris depuis Annapolis.
*MAALE ADUMMIM est une colonie créée en 1978 sur les terres du village d’ABUDIS. Elle compte aujourd’hui 67 000 habitants. On n’imagine pas qu’elle puisse un jour être évacuée.
Les Palestiniens essaient par tous les moyens de contourner le mur, juste pour vivre. Nous avions pu voir il y a deux ans des familles tenter de passer cette portion de mur alors en construction, en l’escaladant.
Cette année nous avons découvert une situation encore plus sordide. Certaines personnes en sont venues à passer par les égouts comme des rats (les buses font environ 1 m de diamètre). Devant l’émoi qu’a provoqué la médiatisation de cette situation, l’armée a ouvert une porte métallique depuis quelques mois, mais elle peut être fermée à tout moment.
RESISTANCE TOUJOURS
Nous avons rencontré une femme palestinienne habitant le quartier de NABLOUS ROAD. Elle s’appelle FAW ZIYEH AL KUND. Elle et sa famille viennent d’être expulsés de leur maison manu militari . L’armée est intervenue à 3 h du matin ; elle a été menottée, en chemise de nuit et pieds nus. Son mari, handicapé, a été sorti de son fauteuil et emmené de l’autre côté du mur chez des amis. La maison a été vidée de ses meubles ; une famille juive l’habite et y fait la fête.
Elle a donc décidé de louer un terrain nu a proximité de sa maison, y a planté une tente et crie sa colère. Malgré le titre de location, l’armée lui a donné 3 jours pour quitter les lieux.
Il s’agit d’une famille de réfugiés installés en 1952 dans cette maison. Cela fait longtemps que l’Etat israélien tente de la faire partir. Il a décidé d’accélérer les expulsions. Depuis quelques semaines, il y a eu 10 familles expulsées dans ce quartier, il en reste 27 à suivre … L’objectif est de construire des logements pour 2 000 colons !
La solidarité autour d’elle s’organise, mais le rouleau compresseur israélien est redoutable. Elle nous a demandé de témoigner en France de sa situation et de celle des autres familles, afin qu’Israël ne puisse continuer impunément. Avant de nous quitter, elle nous confie que son petit-fils de 6 ans rêve d’être pilote d’avion … de chasse.
Depuis notre retour, nous avons appris que l’armée avait détruit la tente et que son mari était mort il y a quelques jours… Une nouvelle tente a été mise en place…
La résistance continue…
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