Accueil Les missions en Palestine Missions 2011 Oct 2011 : Regard sur la Palestine, l'oppression
Oct 2011 : Regard sur la Palestine, l'oppression

cette page, rédigée par Marie Christine est publiée en janvier 2012 dans l'Echo de la Maison de quartier de Méan-Penhoët, à Saint-Nazaire

Le 31 mai, j'ai quitté la maison de quartier avec en poche un billet pour la Palestine, offert par la fédération (des maisons de quartier).

Un pays que je savais occupé mais, pour ma génération, l'Occupation est l'idée qu'on s'en fait à travers l'histoire ou les médias. La réalité est plus brutale. En débarquant à Tel-Aviv, on est surpris par tous ces militaires, en armes, qui ne cessent de vérifier vos bagages et de vous poser des questions sur vos intentions. Puis dehors, des miradors qui contrôlent vos faits et gestes, jusqu'au taxi que vous utilisez pour aller à Jérusalem. Dans la ville « sainte » des rues sont interdites, des contrôles s'effectuent, l'armée omniprésente participe à rendre l'atmosphère oppressante.

J'ai retrouvé mes partenaires de la mission AFPS dont l'objectif était, pendant une semaine, de rencontrer les Palestiniens de tous bords, de tous les milieux, également des responsables politiques et syndicaux, et ensuite d'aller cueillir les olives avec les paysans dont les terres ont été spoliées par les colons.

Deux semaines qui m'ont éclairée sur la résistance au quotidien, sur les humiliations subies chaque jour par le peuple  palestinien, sur son combat pour défendre sa terre, ses maisons et continuer à se battre même après les expulsions arbitraires manu militari ; pour maintenir quelques troupeaux et essayer de cultiver, alors que l'eau dont ils ont besoin a été détournée au profit des colonies ; pour rester sur leur sol alors que les permis de construire sont refusés, que l'achat de biens est interdit, que la circulation d'une ville à une autre ne peut se faire qu'avec des autorisations accordées ou refusées par le gouvernement israélien. L'apartheid, avec des rues à Hébron pour les Palestiniens et d'autres pour les Israéliens.

Hébron : ville-martyre ou ville-modèle dans sa résistance ?J'avais rendez-vous avec l'association France-Hébron, dans la vieille ville pour remettre à la ludothèque de l'association des jeux offerts par la ludothèque de Méan-Penhoët. Depuis la tuerie de 1994 où un intégriste israélien a assassiné, dans la Mosquée, 24 personnes, la ville est un souffre-douleur : le but est de chasser les Palestiniens pour les remplacer par des colons. Des rues entières du souk ont été fermées, des habitants expulsés et les commerçants qui résistent doivent se protéger des gravats jetés quotidiennement sur leurs commerces par des grillages au-dessus des rues.

Des enfants sont témoins chaque jour de cette injustice et de cette violence. C'est pour cela que le Secours Populaire de Saint -

Nazaire a voulu subventionner une ludothèque pour permettre aux enfants d'oublier la réalité, le temps du jeu. Dans la vieille ville, classée aujourd'hui « patrimoine de l'Humanité »par l'UNESCO, au milieu de ses pierres qui datent du 14ème siècle, l'association France-Hébron a installé dans les recoins de ses étages deux pièces en ludothèque où, tous les jours, petits et ados peuvent venir entre 12h et 14h. Havre de paix pour les mères et leurs gamins. Et dans la cour, protégée par de hauts murs, balançoires et toboggans côtoient tourniquets et autres jeux. Mais attention, c'est illicite, l'autorisation d'aménager a été refusée et l'installation peut être détruite du jour au lendemain si les autorités israéliennes d'Hébron le décident. L'association ne sait pas si elle pourra se maintenir, les subventions diminuent et les salariés ne sont plus payés depuis des mois.

Mais l'idée, que quelque part, en France, une maison de quartier s'intéresse à elle et souhaite ouvrir un partenariat a réconforté tous les participants.

En effet, pour que la Palestine existe, il faut que toutes les structures sociales en place se maintiennent et soient reconnues de l'extérieur, ça fait partie de la survie du Pays.

Message de mes amies palestiniennes d'Hébron : merci à la maison de quartier de Méan Penhoët d'avoir permis ce lien entre

nos ludothèques et de prolonger ce contact.

Et pour ceux qui aimeraient en savoir plus, je n'ai qu'un conseil à donner : allez-y, vous serez très bien reçus.