Accueil Les missions en Palestine Missions 2009 : deux groupes témoignent 19 octobre 2009 : violentes représailles contre les agriculteurs
19 octobre 2009 : violentes représailles contre les agriculteurs Imprimer Envoyer

Aujourd’hui retour de notre hôte qui était en déplacement professionnel. Il nous accompagne dans notre mission du jour, à savoir retrouver des paysans dans le nord d’Hébron. Il nous explique les nouveaux accords au sein du comité de coordination, instance qui régule les relations entre Israël et l’Autorité Palestinienne. Ceci concerne en particulier l’accès pour les paysans à leur parcelle qui sont en bordure des colonies ou du mur. Les militaires acceptent maintenant le travail dans les oliveraies, sur ces parcelles, avec un calendrier précis fixé par eux, et à la condition que le travail se passe avec la famille du paysan sans la présence de toute autre personne, y compris donc les observateurs internationaux. Les syndicats ont refusé au motif que les paysans n’avaient pas besoin d’une autorisation israélienne pour travailler leur terre. Néanmoins certains  paysans acceptent ce compromis plutôt que de n’avoir aucun accès à leur terre, d’autant plus que l’Autorité Palestinienne leur a écrit, les menaçant d’une amende s’ils emmenaient des internationaux sur leurs terrains. Nous ne sommes pas toujours assurés d’être les bienvenus comme on va le voir aujourd’hui. Nous nous rendons en direction de Bethléem au environ la colonie de BeitH-Aim qui est réputée pour la violence de ses colons. Le mois dernier, un paysan y a été assassiné.

 

Il faut savoir que cette colonie fait partie de la stratégie de la construction du grand Jérusalem jusqu’à la Mer Morte dans le but de couper définitivement la Cisjordanie en deux. Les colons menacent les paysans, détruisent les cultures en y mettant le feu et font brouter la vigne par leur troupeau de chèvres, tout cela sous la protection de l’armée. Le Comité de Défense de la Terre (son représentant nous a reçu samedi et était avec nous aujourd’hui) nous indique que des actions juridiques sont en cours à propos de l’extension actuelle de la colonie : verdict  le 15 décembre. Si les paysans sont déboutés, ils sont décidés à aller jusqu’à la Haute Cour de Justice en Israël. Ils sont en mesure de fournir la preuve que la terre leur appartient depuis 300 ans. De l’autre côté le dossier est vide, mais  « le pouvoir est du côté des colons » indique notre guide.

 

Revenons à notre action. Dans un premier nous restons sur le versant de la vallée face à la colonie. Par téléphone, nous prenons contact avec le paysan que nous devions aider. Celui-ci a réussi à y venir travailler et nous déconseille de nous approcher. Nous craignons que notre présence entraine des représailles et nous décidons de partir.

 

Au retour nous nous arrêtons dans un chemin. A gauche il y a un verger israélien entouré de grillage et de barbelés (sur des terrains volés il y a plus de 15 ans) et à droite un verger palestinien. Le contraste est très fort parce que le verger israélien est irrigué...

Notre journée nous interpelle quant aux prochaines missions « cueillette des olives ».

Nous nous posons aussi la question de la reculade de l’Autorité Palestinienne qui admet donc implicitement qu’un paysan n’est pas libre de disposer de ses champs quand il veut. .

 

Pour positiver, ce qui nous arrive aujourd’hui prouve que la présence d’internationaux sur le terrain et leur témoignage gène énormément Israël, habituellement si soucieux de son image.

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