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Gideon LEVY, La Fabrique Éditions, 2009, 128 pages, 13.30 euros

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Un avion qui lance une roquette dans une rue noire de monde, un bébé atteint au cerveau par des éclats de missile, un avocat qui propose d'étrangler "Gaza, un père qui identifie la moitié du corps de son fils grâce à ses chaussettes, des rues entières " mises à nu " par les bulldozers Caterpillar... semaine après semaine, jour après jour quand les événements se précipitent, Gideon Levy décrit les horreurs infligées par l'armée et l'aviation israéliennes à la population de Gaza. Et en même temps, il tend un miroir aux lecteurs de Haaretz : il leur montre leur " effarante indifférence ", il leur explique que les dirigeants de l'opération " Plomb durci " risquent de se retrouver un jour devant un tribunal à La Haye, il leur assène que " le sang des enfants tués à Gaza est sur nos mains et non sur celles du Hamas, et nous ne pourrons jamais échapper à cette responsabilité. " " J'aime Gaza ", écrit Gideon Levy dans sa préface pour les lecteurs français. Les articles ici réunis sont à la fois un plaidoyer et un réquisitoire, et aussi une raison de se réconcilier avec le journalisme. |
Gideon Levy est journaliste à Haaretz, le quotidien de référence en Israël.
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Gideon Levy : "J’essaye de raconter au peuple israélien une histoire qu’il ne veut pas entendre"
"Je suis un « bon garçon » typique de Tel Aviv, un produit banal du système éducatif israélien. Je ne viens pas d’une famille engagée et j’ai fait mon service militaire quand j’ai eu l’âge. J’ai même fait pire que ça : j’ai travaillé pour Shimon Perès pendant quatre ans... Pendant tout ce temps, on m’a dit que les Arabes étaient mauvais et cherchaient à nous détruire, qu’Israël était David et faisait face au Goliath Arabe. J’ai écouté Golda Meir quand elle disait qu’après la Shoah, les Israéliens pouvaient tout se permettre. J’aurais dû rester dans cet état d’esprit, normalement. Mais voilà, je suis allé dans les territoires palestiniens, j’y ai rencontré des gens, et j’ai évolué du tout au tout. Depuis 25 ans j’essaye de raconter au peuple israélien une histoire qu’il ne veut pas entendre.
L’homme qui parle ce soir [1] et décrit ainsi son parcours s’appelle Gideon Levy. Israélien, il est journaliste à Haaretz, unique grand quotidien du pays à laisser s’exprimer des voix discordantes sur la question palestinienne. Le dernier sanctuaire d’une presse qui a abdiqué toute velléité de discours critique pour servir la soupe au gouvernement et à Tsahal. Il y tient une chronique hebdomadaire intitulée « Twilight Zone » (Zone d’ombre). Par ses papiers aussi limpides que glaçants, il tente de sortir la population israélienne de son apathie et de son indifférence au sort des territoires occupés. Avec sa confrère Amira Haas, il fait partie des rares Justes à ne pas baisser les bras devant l’horreur, à tenter de stopper cette machine de guerre qui toujours se relance. Tâche ingrate : « Ce supplice de Sisyphe que nous nous étions imposé pendant des années – couvrir l’occupation israélienne pour le lecteur israélien qui ne veut rien savoir, rien voir, rien entendre. », écrit-il."
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