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Le 23 novembre à Aigrefeuille-sur-Maine, l’AFPS44 et La Confédération paysanne organisaient une soirée publique « L ‘agriculture palestinienne » avec Raed Abu Youssef, animateur de la coopérative de fabrication de jus de raisin de Halhul (Coopérative Sanabel)
Plus de 60 personnes y participent. Après une brève présentation du contexte de la Palestine aujourd‘hui, Raed présente l’histoire de la coopérative et de ses enjeux.
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1 ) Dans les années 80, plus de 200 000 Palestiniens travaillent en Israël, attirés par les salaires plus élévés , abandonnant ainsi les terres de leurs parents . Mais depuis 2002, le Mur ( illégal au regard du droit international) interdit toute possibilité de déplacement vers Israël, sauf pour un nombre très limité de Palestiniens qui d’ailleurs ne peuvent passer la nuit sur leur lieu de travail. Beaucoup vont donc reprendre l’exploitation des terres de leurs parents.
2 ) Même si c’était difficile ( longs contrôles tatillons et chargement déchargement des camions au divers cheks-point ), les produits agricoles de Cisjordanie étaient appréciés à Gaza où existe une forte demande. C’était aussi un débouché intéressant. Aujourd’hui, Israël met tellement de barrières de toutes sortes que la relance de ces échanges est impossible et décourageante.
3 ) Face à l’irrégularité des cours des produits agricoles et leur difficile conservation, très vite se fait sentir la nécessité de leur transformation sur place.

4 ) De 30 au départ il y a 10 ans, les coopérateurs de Sanabel sont passés à plus de 300. D’un stade artisanal, ils souhaitent passer à un traitement de plusieurs centaines de tonnes pour le marché local et le marché international des pays arabes voisins.
5 ) Après stage d’information et de formation, grâce à la solidarité de nombreux citoyens et de collectivités territoriales ( 3 conseils généraux de l’Ouest) le financement devient possible pour un investissement de plus de 100 000 euros.
La coopérative Sanabel est une des nombreuses coopératives palestiniennes dans beaucoup de secteurs. Elles accompagnent ainsi le retour à la terre de nombreux jeunes qui reprennent l’exploitation de leurs parents.
De très nombreuses difficultés propres à la Palestine s’ajoute à tous les problèmes d’une coopérative : la colonisation qui vole les terres, l’eau vendue très chère est rationnée par Israël, la violence des colons qui sans scrupules coupent les pieds de vignes , les oliviers…, les difficultés de circulation à cause des chek-points, les contrôles de toutes sortes à ces barrages.
L’objectif majeur est bien de valoriser la production de raisins mais surtout de permettre aux Palestiniens de rester sur leurs terres et de lutter contre le déracinement, contre le départ des Palestiniens de leurs terres clairement souhaité par les gouvernements successifs israéliens.
Un échange ensuite avec la salle
- proposition de renforcer le financement de la coopérative par versement régulier de citoyens
- l’impossibilité actuelle d’une agriculture biologique car trop couteuse et parce que les priorités sont ailleurs
- les difficultés d’importer les intrants car les frontières sont sous contrôle israélien
- l’absence de perspective politique tant interne (réconciliation Fatah-Hamas ?) qu’avec l’occupant.
- la nécessité absolue d’action des pays et citoyens dont les principaux dirigeants laissent faire
- l’importance de la solidarité sur le terrain qui montre aux Palestiniens qu’ils ne sont pas oubliés. « venez nous voir et témoignez ensuite » et « exister c’est résister » sont leurs slogans favoris.
- les incertitudes géopolitiques du monde arabe, mais la volonté farouche des Palestiniens de rester maître de leur avenir.
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